Le débat sur les retraites a commencé au début de ce mois d'avril. Il a notamment été marqué par le rapport remis par le COR (Conseil d'orientation des retraites). Celui-ci prévoit un déficit annuel de 70 milliards en 2050 en partant de l'hypothèse que le taux de chômage va aller vers 4,50 %. On sait très bien que cette hypothèse est très peu probable, le montant de 70 milliards est donc un plancher. Face à cette situation, trois solutions sont officiellement envisagées : allongement de la durée de cotisation, augmentation des cotisations ou diminution des pensions. Il semblerait clairement que l'on s'oriente vers la première solution en augmentant le nombre d'annuités nécessaires pour pouvoir prendre sa retraite.
Le système français de régime de retraite par répartition est voué à l'explosion. Celle-ci sera d'autant plus brutale et soudaine que l'on n'aura pas pris conscience que le principe même de la répartition n'est pas viable à long terme. Ni l'allongement de la durée de cotisation, ni même l'appel à l'immigration ne peuvent être des moyens de gestion de ce système car ils reviennent en réalité chacun à une fuite en avant. Le système par répartition repose sur un système Ponzi. Les travailleurs actuels sont solidaires de la retraite de leurs aînés comme les nouveaux clients de Madoff étaient solidaires du paiement des intérêts des précédents dépositaires. Cette réalité repose d'une comparaison objective des 2 systèmes. Vouloir conserver une partie de répartition et une partie de capitalisation, c'est accepter un compromis avec un système qui est fondamentalement mauvais. L'État français en refusant le passage nécessaire à un système totalement par capitalisation fait plus fort que Madoff !
[ Réforme des retraites : vers un big bang ? ][ Thomas Piketty : pour une refondation du régime par répartition ]







